Quel soutien aux réfugiés et migrants afghans en Belgique ?

20.08.2021

Les récents événements en Afghanistan ont eu un impact énorme sur les personnes qui ont dû laisser des membres de leur famille dans leur pays. Comment vivent-ils ces événements ? Et comment pouvez-vous les soutenir en tant qu’intervenant ?

Comment les personnes qui ont fui l’Afghanistan réagissent-elles aux récents développements dans leur pays ?

Les personnes qui ont fui leur pays sont coupées de leur famille et de leur communauté. Si leur famille est en danger, le sentiment de perte est encore plus fort. Ils sont inquiets et se sentent impuissants, surtout lorsqu’ils ne peuvent plus les joindre et restent dans l’ignorance du sort de leurs proches. Ils subissent un stress aigu. Ils se sentent aussi souvent coupables d’avoir laissé leur famille derrière eux, un sentiment de culpabilité du survivant alimentée par la situation dans leur pays d’origine.

L’effet de ce stress supplémentaire sur une personne dépend de ce qu’elle a déjà vécu. Les réfugiés reconnus ont déjà dû endurer beaucoup de stress en fuyant leur pays, pendant la fuite et lors de l’adaptation à leur nouvelle vie en Belgique. Les personnes qui sont encore en sous ce stress ne peuvent pas toujours gérer le stress supplémentaire causé par les événements en Afghanistan.

Pour les réfugiés souffrant d’un trouble de stress post-traumatique, les événements en Afghanistan peuvent faire resurgir le traumatisme, accompagné de symptômes tels que des troubles du sommeil et de l’alimentation, des symptômes de stress physique tels que des maux de dos et d’estomac, des flashbacks, des cauchemars, de la suspicion, de l’aliénation et de l’isolement.

Un groupe particulièrement vulnérable est celui des mineurs non accompagnés, parfois âgés de moins de 12 ans, qui arrivent ici seuls. Souvent, ils ont reçu l’ordre de s’occuper de la famille restée au pays, en gagnant leur vie ici ou en faisant venir leur famille. Pour ces jeunes, qui évoluent dans des circonstances difficiles, il est très déroutant et effrayant de savoir que leur famille est en danger ou de ne pas savoir si elle est en sécurité.

Qu’est-ce que cela signifie pour les Afghans qui sont encore dans leur procédure d’asile ou qui ont déjà reçu un avis négatif ?

La période d’attente, et l’existence incertaine qui l’accompagne, est déjà une période de stress accru avec des symptômes tels que l’agitation, les problèmes de sommeil et d’alimentation, l’anxiété, le sentiment d’impuissance.

Dans leur expérience, ils n’ont pas eu d’autre choix que de fuir, mais notre société attend d’eux qu’ils prouvent qu’ils remplissent les conditions de la Convention de Genève, qu’ils étaient eux-mêmes en danger. La situation actuelle en Afghanistan renforcera cette expérience de ne pas avoir eu d’autre choix que de fuir, alors que les conditions de reconnaissance de la Convention de Genève ne changeront pas.

La suspension du traitement d’un dossier prolonge l’attente et l’incertitude qui l’accompagne, ainsi que les sentiments d’impuissance, de peur et d’incompréhension.

Comment pouvons-nous les soutenir ?

Nous avons tous besoin d’une certaine dose de stress. Elle nous permet de faire face à la réalité de manière créative et de réaliser des choses. Les réfugiés font aussi souvent preuve d’une résilience exceptionnelle dans des circonstances difficiles.

Lorsque le stress devient trop important, qu’il dure trop longtemps ou que la résilience est mise à mal, nous passons en mode de survie et montrons des réactions de « fight, flight, freeze » : notre capacité à résoudre les problèmes est affectée, nous perdons l’espoir et une perspective d’avenir, la vue d’ensemble, le respect de nous-mêmes et des autres, le sens de nos actions.

Dans les situations de stress aigu, les personnes qui ont déjà une relation avec les personnes concernées et qui les soutiennent déjà jouent un rôle important. Ils peuvent utiliser cette relation pour exploiter la résilience des réfugiés et les aider à se reconnecter avec leur environnement et à retrouver un sentiment de contrôle sur cet environnement.

Voici quelques conseils qui peuvent vous aider :

  • L’écoute ou le pouvoir de la reconnaissance. Ce n’est pas toujours facile, surtout pour les professionnels qui veulent surtout proposer des solutions.
  • Psycho-éducation sur ce qu’est le stress, ses effets sur le corps et l’esprit. Il aide les personnes à normaliser et à mieux gérer les réactions étranges qu’elles éprouvent.
  • Fournir des conseils et des astuces pour gérer le stress de manière saine, comme marcher, faire de l’exercice et avoir un rythme régulier jour et nuit.
  • Appliquer ensemble des techniques de réduction du stress peut également être utile (par exemple, inspirer et expirer tranquillement).
  • Appel à la résilience.

Helpdesk pour des professionels

Si vous êtes confronté au stress des personnes originaires d’Afghanistan et que vous avez des questions sur la manière de le gérer, vous pouvez contacter notre helpdesk pour les professionnels. Ensemble, nous chercherons la bonne approche et nous pourrons développer les conseils ci-dessus:

https://www.solentra.be/fr/helpdesk-pour-professionnels-travaillant-avec-les-refugies

 

Photo: European Union/ECHO/Pierre Prakash

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